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LE MONDE | 22.03.06 | 14h39 • Mis à jour le 22.03.06 | 19h01 Hervé Morin et Jean-Yves Nau Entre les travaux de Louis Pasteur sur la rage, entre 1880 et 1885, et 1986, soit en un siècle, les biologistes ont identifié et décrit 1 700 virus. Moins de deux décennies plus tard, fin 2004, le huitième rapport du Comité international de taxonomie des virus en recensait... 6 247 ! "Et l'on peut penser que ce nombre n'équivaut peut-être qu'à 1 % de l'ensemble", avance le virologue des plantes Claude Fauquet (Danforth Plant Science Center, Saint-Louis, Missouri), qui a coordonné la rédaction de ce rapport. Ainsi, en dépit des progrès majeurs accomplis grâce à la microscopie électronique puis à la biologie moléculaire, la "virosphère" est un univers qui reste, pour une large part, à explorer. Pour le professeur Mark Woolhouse, spécialiste d'épidémiologie des maladies infectieuses à l'université d'Edimbourg, l'augmentation rapide de ces nouveaux agents pathogènes dans l'espèce humaine constitue un phénomène incompatible avec ce que l'on sait de l'évolution. Conséquence : soit ces nouveaux agents ne persisteront pas chez les humains, soit "nous sommes, souligne-t-il, en train d'observer quelque chose d'inhabituel". Différents facteurs peuvent expliquer ce phénomène. Certaines activités humaines sont à l'origine directe de l'émergence de nouvelles affections virales. C'est le cas de la déforestation, de l'orpaillage ou du développement de la chasse dans certaines régions tropicales, qui ont mis l'homme en contact avec des animaux porteurs des virus Ebola, Marburg ou Nipah.
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