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Cancer colorectal Le cancer du côlon-rectum est le deuxième cancer le plus fréquent chez la femme et le troisième chez l’homme. Le nombre de cancers colorectaux devrait augmenter en France au cours des prochaines années pour atteindre 45 000 nouveaux cas annuels en 2020.
© Inserm, Boutron-Ruault Marie-Christine
Cancer du côlon Côlon et rectum sont situés entre l'intestin grêle et l'anus. Les matières fécales sont concentrées dans le côlon (où l'eau et le sel sont réabsorbés), puis acheminées jusqu'à l'ampoule rectale qui assure un rôle de réservoir. La continence est assurée par le sphincter anal. Environ 60 % des cancers colorectaux touchent le côlon et 40 % le rectum, où la localisation principale est le sigmoïde (dernière partie du côlon). Une incidence en hausse, une mortalité en baisse La France fait partie des pays dans lesquels le risque de cancer colorectal est élevé, tout comme les autres pays d'Europe de l'Ouest, les USA, l'Australie et, plus récemment, le Japon. Sur la période 2003-2007, le cancer colorectal a fait en moyenne chaque année 8 690 victimes chez les hommes et 7 740 chez les femmes.* Selon les projections, le nombre de nouveaux cas de cancer colorectal en 2010 est estimé à 40 000, dont 53% survenant chez l'homme et 95% chez les plus de 50 ans. On s’attend à une augmentation du nombre de nouveaux cas au cours des années à venir. Le taux de mortalité du cancer colorectal a diminué de 21% en 20 ans. Cette tendance favorable de la mortalité résulte des progrès réalisés dans la détection de la maladie grâce à un diagnostic plus précoce, à l’amélioration de la prise en charge thérapeutique et à une diminution de la mortalité opératoire.
Génétique et mode de vie
© Inserm, Duron Jean-Jacques
Cancer du rectum Le cancer colorectal se développe le plus souvent à partir d'un polype adénomateux, encore appelé adénome. Le facteur génétique est en cause dans deux formes de cancers colorectaux : la polyadénomatose recto-colique familiale (mutation du gène APC) et le syndrome de Lynch (cancers colorectaux héréditaires sans polypose, caractérisé par des anomalies sur des gènes codants pour les protéines de réparation de l'ADN). Ces cancers héréditaires représentent moins de 5 % de l'ensemble des cancers colorectaux et surviennent avant 40 ans. Le risque est également augmenté chez les personnes ayant un antécédent personnel ou familial d'adénome ou de cancer colorectal, ou chez les personnes souffrant d'une colite inflammatoire. La responsabilité du mode de vie dans le développement du cancer colorectal est importante. L'effet protecteur des fruits et légumes frais et de l'activité physique est établi, de même que l'effet néfaste d'un apport calorique excessif et riche en graisses animales.
Symptômes et dépistage Les symptômes en sont le plus souvent des douleurs abdominales, des troubles du transitintestinal (constipation soudaine ou diarrhée qui se prolonge, voire alternance des deux), des rectorragies (hémorragies de sang rouge) associées ou non à de faux besoins (pour le cancer du rectum), une anémie, la présence de sang dans les selles. A un stade avancé, des complications comme l'occlusion ou la perforation tumorale ou encore l'altération de l'état général peuvent révéler le cancer. Le dépistage organisé du cancer colorectal repose sur la recherche d'un saignement occulte (c'est-à-dire non visible) dans les selles (test Hemoccult II®) chez les 50-74 ans, tous les deux ans. Ce programme de dépistage lancé par les pouvoirs publics à partir de 2002 a été expérimenté dans 23 départements pilotes, puis étendu progressivement à tout le territoire jusqu’au début 2009.
Diagnostic et traitement
© Inserm, Jérôme Galon
Tumeur colorectale et infiltration lymphocytaire Le diagnostic du cancer du côlon repose sur la coloscopie totale, qui permet de visualiser la tumeur et de réaliser des biopsies. Le diagnostic de cancer du rectum, plus accessible à l'examen clinique (toucher rectal), est fait par la rectoscopie qui permet aussi de pratiquer des biopsies. D'autres examens (dosage de l'antigène carcinoembryonnaire (ACE), radiographie pulmonaire, échographie hépatique et éventuellement un scanner abdominal) permettent d'identifier les formes métastatiques. Une échographie endorectale et éventuellement un scanner ou une IRM peuvent être prescrits. La chirurgie reste le traitement de base des cancers colorectaux. La radiothérapie, qui peut être prescrite dans le cancer du rectum, est de plus en plus souvent associée à une chimiothérapie concomitante en pré-opératoire. La chimiothérapie peut être prescrite à titre préventif pour éviter les métastases lorsque la tumeur se développe en profondeur.
Taux de survie : la France bien placée L’étude CONCORD (Cancer survival in five continents : a worldwide population-based study) a comparé les taux de survie à 5 ans à partir des registres existant dans différentes régions du monde pour trois cancers : sein, prostate et côlon/rectum. La France se situe parmi les huit pays du monde présentant les meilleurs taux de survie, à la 2e place devant les États-Unis pour le cancer colorectal chez la femme et à la 6e place pour le cancer de la prostate (Lancet Oncology, 2008).
Du côté des labos Tous les domaines de recherche apparaissent comme majeurs : dépistage, traitement, prédiction de l'évolution clinique des patients. Les patients diagnostiqués à des stades précoces de la maladie (appelés stades I et II) représentent la majorité des malades atteints de cancers colorectaux. Leur nombre devrait augmenter avec le développement du dépistage organisé à partir de 50 ans, des techniques d’imagerie, et la mise au point de tests plus performants. Les avancées en matière de chimiothérapie sont régulières, de nouveaux traitements comme les anti-angiogéniques constituent un progrès dans les thérapies anticancéreuses. L'analyse génétique des tumeurs du côlon et du rectum permet d’envisager de mieux prédire leur évolution et le niveau de réponse à la chimiothérapie, comme l’apparition d’effets secondaires. En parallèle, les chercheurs oeuvrent à mieux comprendre l'évolution de la réponse immunitaire du patient à tous les stades d’évolution du cancer colorectal, en tant que facteur prédictif du risque de récidive et de nouvelles cibles de traitements basés sur l’immunothérapie.
Note (*) Taux de mortalité des principaux cancers en France (InVS/INCa/Inserm, 2010) Pour aller plus loin Dossiers © Inserm, Jérôme Galon Structure Lymphoide Tertiaire: Ilot lymphoide au sein d'une tumeur colorectale Cancer du côlon (Institut national du cancer, 2010) Cancer du rectum (Institut national du cancer, 2010)
Actualités de la recherche Un gène protecteur du cancer colorectal (Inserm, 2011) Cancer colorectal : vers un test plus performant (Inserm, 2011) La réaction immunitaire est un critère pronostique majeur pour les patients atteints d'une forme précoce de cancer colorectal (Inserm, 2009) Cancer colorectal : identification d'une nouvelle population immunitaire contrôlant l'apparition de métastases (Inserm, 2005) Risque de cancer colorectal : la viande rouge en cause, le poisson protecteur (Inserm, 2005) Viande, poisson et cancer colorectal F. Clavel-Chapelon, M.-Ch. Boutron-Ruault , M/S médecine/sciences, 2005, 21, 10, 866-867 Cancer du côlon. Découverte d'une nouvelle voie de développement tumoral grâce à un modèle transgénique original (Inserm, 2002)
Informations patients Guides Cancer info : les traitements du cancer du rectum Guides Cancer info : les traitements du cancer du côlon Guide ALD patients : la prise en charge de votre cancer colorectal
Documents de référence Brochure "Nutrition et prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations" (mai 2011) La situation du cancer en France en 2010 Dynamique d’évolution des taux de mortalité des principaux cancers en France (novembre 2010) Dépistage organisé du cancer colorectal en France (InVS, Bulletin épidémiologique hebdomadaire, n° spécial 13 janvier 2009) Expertises collectives Inserm Cancer et environnement (2008) Cancers. Pronostics à long terme (2006) Janvier 2012 http://www.inserm.fr/thematiques/cancer/dossiers/cancer-colorectal
Une nouvelle voie pour stimuler le système immunitaire et lutter contre les infections 19 JANVIER 2012
Une étude menée par Eric Vivier et Sophie Ugolini du Centre d'Immunologie de Marseille-Luminy (Inserm/CNRS/Université Aix Marseille) vient de mettre en évidence chez la souris un gène qui, muté, permet de stimuler les défenses immunitaires pour mieux lutter contre les tumeurs et les infections virales. Alors que ce gène était connu pour activer une des premières lignes de défense de l'organisme (les cellules Natural Killer ou NK), son inactivation rend paradoxalement ces cellules NK hypersensibles aux signaux d'alerte envoyés par les cellules malades. Ces nouvelles données, essentielles pour comprendre le fonctionnement de ces cellules-clés de l'immunité, pourraient ouvrir une nouvelle voie thérapeutique contre les infections. Elles suggèrent aussi que la fonction des cellules NK doit être finement régulée pour garantir une réaction immunitaire optimale. Le détail de ces travaux est publié dans la revue Science datée du 20 janvier 2012.
Références : “Tuning of Natural Killer Cell Reactivity by NKp46 and Helios Calibrates T Cell Responses” Emilie Narni-Mancinelli, Baptiste N. Jaeger, Claire Bernat, Aurore Fenis, Sam Kung, Aude De Gassart, Sajid Mahmood, Marta Gut, Simon C. Heath, Jordi Estellé, Elodie Bertosio, Frédéric Vely, Louis N. Gastinel, Bruce Beutler, Bernard Malissen, Marie Malissen, Ivo G. Gut, Eric Vivier, Sophie Ugolini. Science, 19 janvier 2012 DOI : Consulter le site web
Contacts : Contact chercheur Eric Vivier Tel +33 (0)4 91 26 94 12
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Contacts presse CNRS - Priscilla Dacher - T 01 44 96 46 06 (51 51) -
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Inserm -
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http://www2.cnrs.fr/presse/communique/2433.htm
Sur le même sujet A propos de l’équipe "Cellules Natural Killer et immunité innée" Créé au CIML par le Pr Eric Vivier en 1995, le laboratoire "Cellules Natural Killer et immunité innée" tente de décrypter les systèmes de détection et les mécanismes de tolérance des lymphocytes tueurs de l’immunité innée. L’équipe a contribué à élucider le rôle et le fonctionnement des cellules NK et plus largement les mécanismes moléculaires responsables de l’activation cellulaire. Les recherches du laboratoire sont soutenues par :
A propos du CIML Fondé en 1976, le Centre d’immunologie de Marseille-Luminy est un institut de recherche internationalement reconnu dans la discipline. Le CIML est aussi un centre d’avant garde en matière d’organisation qui, dès sa création, a développé des pratiques et des usages propres à favoriser la créativité et la prise de risque de ses chercheurs. Du ver à l’homme, de la molécule à l’organisme entier, du physiologique au pathologique, le CIML aborde, sur nombres de modèles et d’échelles, tous les champs de l’immunologie contemporaine: la genèse des différentes populations cellulaires, leurs modes de différenciation et d’activation, leurs implications dans les cancers, les maladies infectieuses et inflammatoires et les mécanismes de la mort cellulaire. Basé à Marseille, le CIML est une Unité Mixte de Recherche du CNRS, de l’Inserm et de la toute nouvelle Aix-Marseille Université. Dirigé par le Professeur Eric Vivier, il comprend 17 laboratoires et un effectif de 250 personnes. Plus d’informations sur www.ciml.univ-mrs.fr
Récepteur de la vitamine D : première observation 3D en intégralité 17 janvier 2012
Pour la première fois, une équipe de l'Institut de génétique et de biologie moléculaire et cellulaire (IGBMC, Université de Strasbourg/CNRS/Inserm) a réussi à photographier en entier, en 3D et à haute résolution (1), une petite molécule vitale, enfermée au cœur de nos cellules : le récepteur de la vitamine D (VDR). Publiée le 18 janvier 2012 dans la revue The EMBO Journal, cette étude apporte des informations clefs sur la structure 3D et le mécanisme d'action du récepteur au niveau moléculaire. Ces données sont cruciales pour la recherche pharmaceutique, le VDR étant impliqué dans de nombreuses maladies, comme les cancers, le rachitisme et le diabète de type 1.
 © IGBMC (CNRS / Inserm / Université de Strasbourg)
Aperçu de l'architecture 3D de deux récepteurs, le VDR (récepteur de la vitamine D) et son partenaire RXR (récepteur du rétinoïde X, un dérivé de la vitamine A), après reconstruction 3D à partir des images des particules individuelles. Le filet mauve représente la carte 3D expérimentale obtenue par cryo-ME. Les sites de liaison spécifiques sur le fragment d'ADN (ou DNA en anglais) sont indiqués en vert et rouge, les domaines de liaison de l'ADN (DBD) et de liaison du ligand (LBD) sont indiqués.
Références : Structure of the full human RXR/VDR nuclear receptor heterodimer complex with its DR3 target DNA. Igor Orlov, Natacha Rochel, Dino Moras and Bruno Klaholz. The EMBO Journal. 18 janvier 2012 (version papier).
Contacts : Chercheur CNRS l Bruno Klaholz l T 03 88 65 57 55 l
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Presse CNRS l Priscilla Dacher l T 01 44 96 46 06 l
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http://www2.cnrs.fr/presse/communique/2425.htm
Jamais deux sans trois : Une réaction en chaine nécessaire pour éviter la formation des tumeurs 20 janvier 2012 CP Cancer Cell p53, 20 janvier 2012 (222,2 ko)
La protéine p53, connue pour contrôler la vie ou la mort des cellules, est un des acteurs clés de la recherche contre le cancer. Son inactivation est constatée chez 50 % des personnes atteintes de cancers. Si les chercheurs réussissaient à rétablir la présence de p53 chez les malades, ils tiendraient peut-être une piste thérapeutique prometteuse. Toutefois, p53 n’agit pas seule. Son expression est liée à celle de Mdm2. Dans un article qui parait cette semaine dans la revue Cancer Cell, Robin Fahraeus et ses collaborateurs de l’Unité Inserm 940 "Cibles Thérapeutiques du Cancer" démontrent que la réponse cellulaire à un dommage de l’ADN nécessite l’intervention de la protéine kinase ATM pour permettre à Mdm2 de réguler positivement ou négativement la protéine p53.

En savoir plus Source "The p53 mRNA-Mdm2 interaction controls Mdm2 nuclear trafficking and is required for p53 activation following DNA damage" Madhavsai Gajjar1,4, Marco M. Candeias1,4, Laurence Malbert-Colas1, Anne Mazars1, Jun Fujita2, Vanesa Olivares-Illana1,3,5 and Robin Fåhraeus1,5 (1) Cibles Thérapeutiques, INSERM Unité 940, Institut de Génétique Moléculaire, Université Paris7, IUH Hôpital St. Louis, 27 rue Juliette Dodu, 75010 Paris, France (2) Department of Clinical Molecular Biology, Graduate School of Medicine, Kyoto University, Kyoto 606-8507, Japan (3) Instituto de Fisica, Universidad Autonoma de San Luis Potosi, 78290 SLP, Mexico (4) These authors contributed equally Cancer Cell, December 2011
Contact chercheur Robin Fahraeus Unité Inserm 940 "Cibles Thérapeutiques du Cancer" Tél. : 01 42 49 92 69
http://www.inserm.fr/espace-journalistes/jamais-deux-sans-trois-une-reaction-en-chaine-necessaire-pour-eviter-la-formation-des-tumeurs
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