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Granulomatose chronique : relation entre activité résiduelle NADPH oxydase et sévérité de la maladie La granulomatose chronique est une maladie caractérisée par une mauvaise destruction des bactéries et champignons phagocytés par les cellules immunitaires. Elle est causée par un défaut de production d’ion superoxyde et d’intermédiaires oxygénés réactifs (IOR) dans le compartiment phagocytaire, dû à la mutation d’une des cinq sous-unités de la NADPH oxydase. Dans cet article, Kuhns et coll. ont tenté de mettre en relation le risque d’infection ou de décès avec le taux d’IOR et les différentes mutations rencontrées chez 287 patients. Une différence quantitative entre les taux de production d’ion superoxyde et d’IOR influe directement sur les chances de survie : un patient ne présentant qu’une faible activité NADPH oxydase résiduelle a un risque plus important de développer des infections, son espérance de vie est donc diminuée. Les auteurs montrent aussi que les patients portant des mutations du gène NCF1 ou la plupart des mutations faux-sens de CYBB ont une production d’IOR plus importante que les patients dont les mutations sont d’autres types ou sur les autres gènes causaux.
NEJM ; 363(27):2600-10 ; 30 décembre 2010
Leucémie aiguë myéloïde : pronostic sombre associé aux mutations du gène DNMT3A Les éventuels déterminants génétiques d’une issue défavorable chez de nombreux patients atteints de leucémie aiguë myéloïde ne sont pas connus. Ley et coll. ont identifié, chez un patient ne présentant pas d’anomalie du caryotype, une mutation du gène DNMT3A, codant pour une ADN méthyltransférase. Le criblage du gène chez 280 patients supplémentaires a montré que ce gène était muté dans un grand nombre de cas (62 patients sur 281, soit 22,1%). Ces mutations retrouvées chez les patients au profil cytogénétique de risque intermédiaire, n’ont pas été retrouvées chez 79 patients dont le profil cytogénétique est plus favorable, et sont associées à un mauvais pronostic chez ces patients.
NEJM ; 363(25):2424-33 ; 16 décembre 2010
Leucémie aiguë myéloïde : évaluation du risque d’une chimiothérapie intensive chez les patients de plus de 60 ans Les patients âgés de plus de 60 ans souffrant d’une leucémie aiguë myéloïde sans autre problème médical sont théoriquement orientés vers un traitement par chimiothérapie intensive. Ces patients parviennent pour moitié seulement à une rémission complète et sont plus exposés à un décès précoce que des patients plus jeunes. Certains facteurs pronostics ont déjà été décrits, et Krug et coll. ont mis au point, en se basant sur une cohorte de 1406 patients doublée d’une seconde cohorte de validation de 801 patients, un système de score qui permet d’évaluer les chances de rémission complète ou le risque de décès précoce. Une application web a été développée pour établir ce score à partir des données cliniques récoltées lors du suivi de chaque patient, et en préparation d’une éventuelle chimiothérapie intensive.
The Lancet ; 376(9757):2000-8 ; 11 décembre 2010
Sclérose systémique cutanée diffuse : la progression de l’épaisseur de la peau comme critère pronostic Domsic et coll. ont établi dans cette étude, menée auprès de 826 patients, une relation directe entre la progression de l’épaisseur de la peau et les risques de décès ou de crise rénale : leurs résultats montrent qu’une progression rapide de l’épaisseur de la peau est associée à un risque accru de mortalité ou de survenue de crises rénales dans les deux années suivant l’évaluation et offrent donc un critère simple permettant un pronostic à moyen terme.
Ann Rheum Dis. ; 70(1):104-9 ; Janvier 2011
Anémie de Fanconi : amélioration partielle du défaut hématopoïétique grâce au resveratrol dans un modèle murin L’anémie de Fanconi induit une insuffisance progressive de la moelle osseuse, une cause importante de morbidité et de mortalité chez les patients. Dans cette étude, Zhang et coll. ont montré que le modèle murin Fancd2-/- permet d’observer ce défaut hématopoïétique, et qu’il est adapté pour l’essai de substances pharmacologiques. Ici les auteurs ont testé l’efficacité du resveratrol, un polyphénol antioxydant présent dans le raisin et le vin rouge : ils montrent que cette substance a un effet bénéfique sur le défaut hématopoïétique des souris.
Blood ; 116(24):5140-8 ; 9 décembre 2010
Lymphome à cellules du manteau : efficacité d’une combinaison entre deux molécules et un virus reprogrammé Ungerechts et coll. ont testé l’efficacité d’une approche thérapeutique combinant deux molécules chimiothérapeutiques (la fludarabine [FLU] et le cyclophosphamide [CPA]) au virus de la rougeole reprogrammé pour ne reconnaître que les cellules exprimant le marqueur CD20 et comportant une enzyme permettant d’activer la fludarabine et donc de potentialiser son effet oncolytique. Les résultats obtenus sur un modèle de xénogreffe sur souris montrent qu’un traitement de trois fois 23 jours au cours desquels se succèdent – CPA (immunosuppression passagère) – virus modifié (infection des cellules cancéreuses) – FLU (activité toxique) permet une régression totale des xénogreffes et augmente le temps de survie de 22 à 77 jours. Des effets secondaires sérieux interfèrent avec la survie des souris, mais les auteurs suggèrent que l’efficacité du traitement justifie des essais de phase I chez des patients qui n’ont pas répondu aux traitements conventionnels.
Gene Therapy ; 17(12):1506-16 ; Décembre 2010
Leucémie myéloïde chronique : avantage de la combinaison imatinib et interféron pégylé alfa-2a Une minorité de patients seulement parvient à une rémission moléculaire complète grâce au traitement classique à l’imatinib (400mg par jour). Dans un essai multicentrique randomisé de phase 3, les investigateurs ont évalué l’efficacité de l’association de l’interféron pegylé alfa-2a à l’imatinib. Pour cet essai, 636 patients ont été recrutés et ont reçu aléatoirement un traitement à l’imatinib, un traitement combiné imatinib - cytarabine ou interféron pégylé alfa-2a ou encore un traitement à l’imatinib à 600mg/j. Les résultats rapportés par Preudhomme et coll. montrent un net avantage de l’association imatinib / interféron par rapport aux autres thérapies, avec un taux de réponse moléculaire significativement meilleur.
NEJM ; 363(26):2511-21 ; 23 décembre 2010
Trisomie 21 : étude de coût-efficacité des méthodes de dépistage : caryotype ou méthodes rapides ? Le dépistage de la trisomie 21 peut être réalisé par le caryotypage de l’ADN fœtal ou grâce à des méthodes dites rapides : l’hybridation de fluorescence in situ (FISH) et la PCR quantitative fluorescente (QF-PCR). Les recommandations de bonne pratique varient entre les pays, et il est parfois demandé de compléter les résultats obtenus par les méthodes rapides avec un caryotype. Dans cette étude, Gekas et coll. se sont attachés à comparer le coût-efficacité des deux approches et à évaluer l’importance des anomalies chromosomiques non détectées avec l’une ou l’autre des méthodes. Les auteurs rappellent que les programmes de dépistage de la trisomie 21 sont spécifiquement tournés vers cette anomalie chromosomique, et qu’il semble donc important de prendre en compte le surcoût de la réalisation des caryotypes.
European Journal of Human Genetics ; 19(1):3-9 ; Janvier 2011
Sclérodermie systémique : efficacité limitée du bosentan pour traiter les ulcères digitaux La présence d’ulcères digitaux est fréquente chez les patients atteints de sclérodermie systémique. Des études préliminaires ont montré un effet potentiel du bosentan, un antagoniste des récepteurs de type A et B de l’endothéline, sur les ulcères digitaux (UD) de plusieurs patients. Cette étude de plus grande échelle, réalisée en double aveugle et contrôlée par placebo concerne 41 centres répartis en Europe et en Amérique du Nord et 188 patients portant tous au moins un UD. Les résultats, rapportés ici par Matucci-Cerinic et coll., montrent que le bosentan réduit la survenue de nouveaux UD mais n’a aucun effet sur la guérison de ceux déjà présents avant le traitement. Les patients ont bien toléré ce produit.
Ann Rheum Dis. ; 70(1):32-8 ; Janvier 2011
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