Accueil
Orphanews Convertir en PDF Version imprimable
Juin 2010
Par Philippe Brissaud   
16-06-2010

Syndrome de Reynolds : une mutation du gène LBR cause sclérodermie et cirrhose biliaire primitive.
Le syndrome de Reynolds est l’association d’une sclérodermie, généralement limitée, et d’une cirrhose biliaire primitive, maladie auto-immune détruisant progressivement les canalicules biliaires. Dans cet article, Gaudy-Marqueste et coll. associent cette maladie à une mutation faux-sens du gène codant pour le récepteur de lamine B (LBR), détectée à l’état hétérozygote chez une patiente. Cette mutation provoquerait une modification de la structure tertiaire du récepteur, et par conséquent une altération de sa fonction. Les auteurs ont montré, chez cette patiente, que le récepteur et ses partenaires connus sont sous-exprimés dans les fibroblastes mais pas dans les cellules de lignées lymphoblastiques. La mutation aurait donc un effet dominant négatif et tissu-spécifique. Notons que le gène avait déjà été impliqué dans la dysplasie squelettique létale de type Greenberg.

Pour en savoir plus sur "Syndrome de Reynolds "
Journal of Medical Genetics ; 47(6):361-70 ; Juin 2010


Myasthénie auto-immune : infection par le virus d’Epstein-Barr dans le thymus de patients
La myasthénie auto-immune est une maladie rare de la jonction neuromusculaire, causée par une réaction humorale dirigée contre la plaque motrice de la membrane post-synaptique. Dans le présent article, Cavalcante et coll. se proposent de tester l’hypothèse d’un lien entre l’activation pathologique de clones autoréactifs de cellules B et l’infection des patients par le virus d’Epstein-Barr, qui envahit les lymphocytes B d’une très grande partie de la population. Les résultats montrent que le virus est présent aux stades latent et/ou lytique dans le thymus de 17 patients, et qu’il est absent chez 6 individus contrôles.
De manière concomitante, Levin et coll. publient une étude présentant la relation entre l’apparition de la sclérose en plaques et la primo-infection par le virus. Leurs résultats semblent montrer, dans ce cas aussi, une corrélation positive entre les deux pathologies. Reste à établir des liens causaux et des mécanismes biologiques précis pour éclaircir encore ces corrélations cliniques.

Pour en savoir plus sur "Myasthénie auto-immune "
Ann Neurol. ; Jun;67(6):726-38 ; juin 2010Ann Neurol. ; 67(6):824-30 ; Juin 2010


Arthrite juvénile idiopathique : identification de loci de susceptibilité communs avec l’arthrite rhumatoïde
Le terme d'arthrite idiopathique juvénile (AJI) désigne l'ensemble des états inflammatoires articulaires sans cause reconnue, débutant avant l'âge de 16 ans et de durée supérieure à 6 semaines. Les similarités cliniques entre les AJI et l’arthrite rhumatoïde ont incité Hinks et coll. à trouver des loci de susceptibilité qui seraient communs entre ces maladies. Ils ont donc recherché, chez des patients atteints d’AJI, 15 polymorphismes de simple nucléotide répartis dans 9 loci, qui avaient déjà été associés à l’arthrite rhumatoïde. Par cette approche, menée sur 1054 patients pour 3531 contrôles, les auteurs ont mis en évidence deux sites, dont un nouveau, le locus du gène STAT4, et trois autres dont l’association avec l’AJI n’est pas encore parfaitement démontrée (6q23, KIF5A et PRKCQ). D’après les auteurs, ces loci semblent a priori pertinents, puisqu’on y trouve des gènes impliqués dans la voie de signalisation des récepteur T, et donc dans la régulation de réponses immunes.

Pour en savoir plus sur "Arthrite juvénile idiopathique "
Ann Rheum Dis. ; 69(6):1049-53 ; Juin 2010


Ostéogenèse imparfaite : corrélations génotype-phénotype chez les patients portant des mutations du collagène I
L'ostéogenèse imparfaite (OI) est caractérisée par une fragilité osseuse et une diminution de la masse osseuse. Les principaux signes, variant selon le type d’OI rencontré, sont une petite taille, la fragilité osseuse, une dentinogenèse imparfaite, et des sclérotiques bleues. La majeure partie des patients atteints d’OI portent une mutation dans la chaîne alpha 1 ou alpha 2 du collagène de type I, et plus de 700 mutations ont d’ailleurs été répertoriées dans ces protéines. Dans l’étude présentée ici, Rauch et coll. comparent les génotypes et phénotypes de patients portant des mutations sur la chaîne alpha 1 ou 2, et montrent que les mutations localisées dans la chaîne alpha 1 induisent une réduction de taille plus sévère, et que les mutations localisées dans les 120 premiers acides aminés engendrent des sclérotiques bleues mais pas de dentinogenèse imparfaite.

Pour en savoir plus sur "Ostéogenèse imparfaite "
European Journal of Human Genetics ; 18(6):642-7 ; Juin 2010


Macroglobulinémie de Waldenström : affinage de la stratégie antitumorale par l’inhibition sélective du protéasome
La macroglobulinémie de Waldenström (MW) est une prolifération lymphocytaire B caractérisée par l'accumulation de cellules monoclonales dans la moelle osseuse et dans les tissus lymphoïdes périphériques, et associée à la production d'immunoglobulines (IgM) sériques monoclonales. Le protéasome est une cible thérapeutique antitumorale qui a déjà été validée dans des essais cliniques pour cette maladie. L’efficacité incomplète et les effets secondaires liés à l’utilisation du bortezomib pour inhiber le protéasome ont mené Roccaro et coll. à envisager une approche d’inhibition plus spécifique de ce complexe aux activités protéasiques multiples. Les auteurs ont donc testé, sur des cultures primaires issues de patients, l’action d’un inhibiteur spécifique de l’action chymotrypsine-like du protéasome 20S et de l’immunoprotéasome. Leurs résultats montrent une toxicité sur les cellules en culture, encourageant l’utilisation de ONX0912, l’inhibiteur en question, dans une approche thérapeutique antitumorale.

Pour en savoir plus sur "Macroglobulinémie de Waldenström "
Blood ; 115(20):4051-60 ; 20 Mai 2010


Arthrite juvénile idiopathique : les protéines du liquide synovial permettent de discriminer les formes de la maladie
Les arthrites juvéniles idiopathiques sont des maladies inflammatoires des articulations sans cause reconnue, débutant avant l'âge de 16 ans et de durée supérieure à 6 semaines. Dans cet article, Rosenkranz et coll. font l’hypothèse que l'étude de la composition protéique du liquide synovial devrait permettre de poser un diagnostic plus précis que celui d’une AJI. Elle serait en fait le reflet d’un état inflammatoire relativement spécifique de chacune des maladies comprises dans ce groupe. Une analyse protéomique a ainsi permis de mettre en évidence des profils distincts d’expression, offrant ainsi un jeu de marqueurs relativement spécifiques pour les sous-types d’arthrites juvéniles idiopathiques.

Pour en savoir plus sur "Arthrite juvénile idiopathique "
Arthritis Rheum. ; 10 Mars 2010


Sclérose latérale amyotrophique : efficacité et sécurité de la combinaison riluzole/lithium
La sclérose latérale amyotrophique (SLA) est une maladie neurodégénérative caractérisée par une paralysie musculaire progressive due à une dégénérescence des motoneurones du cortex moteur primaire, de la voie corticospinale, du tronc cérébral et de la moelle épinière. Des études précliniques, et un premier essai pilote ont déjà été menés afin d’évaluer l’intérêt du lithium, supposé stimuler l’autophagie, dans les cas de SLA. Dans cet article, Aggarwal et coll. analysent les résultats d’un essai randomisé réalisé en double aveugle, et contrôlé par comparaison à un placebo, les patients de l’essai recevant un traitement combiné riluzole + lithium, ou riluzole + placebo. Les conclusions des auteurs sont en contradiction avec les résultats préliminaires, puisqu’aucun effet positif du lithium n’a pu être démontré dans cet essai. Les auteurs attirent l’attention sur le protocole mis au point pour cet essai, et qui a permis de dégager un résultat très rapidement.

Pour en savoir plus sur "Sclérose latérale amyotrophique "
Lancet Neurol. ; 9(5):481-8 ; Mai 2010


Arthrite juvénile idiopathique : efficacité et sécurité à long terme de l’abatacept
Les arthrites juvéniles idiopathiques sont des maladies inflammatoires des articulations sans cause reconnue, débutant avant l'âge de 16 ans et de durée supérieure à 6 semaines. Certains patients ne répondent pas au traitement à l’anti-TNF-alpha, par exemple ; dans ces cas là, il a été proposé d’utiliser l’abatacept, une protéine de fusion entre une immunoglobuline et un costimulateur du récepteur T, dont le but est de diminuer l’activation des cellules T. Dans cet article, Ruperto et coll. analysent les résultats obtenus au cours d’un essai clinique ouvert visant à évaluer l’efficacité et les effets secondaires d’un traitement à long terme (21 mois) avec l’abatacept, sur 153 enfants âgés de 6 à 17 ans. Les auteurs montrent ici que l’abatacept apporte un bénéfice significatif, avec cependant trois pneumonies et une sclérose en plaques s’étant déclarées lors de l’essai. Il est aussi montré, par ce travail, que le traitement a un effet chez des enfants qui n’avaient pas répondu lors d’un essai précédent dont la durée n’était que de 4 mois.

Pour en savoir plus sur "Arthrite juvénile idiopathique "
Arthritis Rheum. ; 26 Février 2010

 
< Précédent   Suivant >