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Actualités INSERM
Par Philippe Brissaud   
18-07-2010

Exposition au chlordécone et risque de survenue du cancer de la prostate

22 juin 2010
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Dans un article à paraitre le 21 juin 2010 dans Journal of Clinical Oncology, des chercheurs de l’Inserm (Unité Inserm 625 - Groupe d'Etude de la reproduction chez l'homme et les mammifères, Université Rennes 1), du CHU de Pointe-à-Pitre (Service d’urologie, Université des Antilles et de la Guyane) et du Center for Analytical Research and Technology (Université de Liège, Belgique) montrent que l’exposition au chlordécone, un insecticide perturbateur endocrinien employé aux Antilles françaises jusqu’en 1993, est associée significativement à une augmentation du risque de survenue du cancer de la prostate.

Le chlordécone est un insecticide organochloré employé aux Antilles de 1973 jusqu’en 1993 pour lutter contre le charançon du bananier. Sa présence persistante dans les sols, les eaux de rivières et les sédiments est à l’origine de la contamination de certaines denrées alimentaires. La contamination des populations antillaises par ce pesticide a été montrée par des travaux antérieurs. Le chlordécone est considéré comme perturbateur endocrinien et classé cancérogène possible pour l’homme par l’OMS.

Les résultats des recherches à paraitre dans Journal of Clinical Oncology sont issus d’un programme de recherche intitulé Karuprostate (cf encadré). Une étude "cas-témoin" a comparé les caractéristiques de 709 personnes nouvellement atteintes de cancer de la prostate à 723 sujets indemnes de la maladie (groupe témoin). L’un des objectifs spécifiques du programme de recherche est l’étude de l’influence de l’exposition au chlordécone dans la survenue du cancer de la prostate aux Antilles.

L’ensemble des participants sont originaires de la Caraïbe (Guadeloupe, Martinique, Haïti, Dominique). Leur inclusion dans l’étude a été réalisée de 2004 à 2007. L’exposition au chlordécone a été évaluée par une méthode originale d’analyse de la molécule dans le sang.

L’analyse des résultats par les chercheurs montre que l’exposition au chlordécone est associée à un risque augmenté de développer la maladie. Cette augmentation de risque est statistiquement significative lorsque les concentrations sanguines en chlordécone sont supérieures à 1 ¼g/L. Ces résultats sont confortés par le fait que les hommes présentant des variations génétiques qui diminuent leur capacité d’élimination de la molécule, ont un risque accru de développer la maladie.

Source
Chlordecone exposure and risk of prostate cancer
Accès direct à l'article original du Journal of Clinical Oncology, 21 juin 2010

Contacts chercheurs
Luc Multigner
Inserm U625, Faculté de Médecine, Campus de Fouillole, BP 145, F-97154 Pointe à Pitre cedex, Guadeloupe
Pascal Blanchet
Service d’urologie, CHU de Pointe à Pitre, Route de Chauvel, BP 465, F-97159 Pointe à Pitre cedex, Guadeloupe

Sur le même sujet
Repère en épidémiologie

A propos du chlordécone :
http://www.invs.sante.fr/publications/basag/Basag2005-8.pdf
http://www.invs.sante.fr/publications/basag/basag2006-5.pdf
http://www.invs.sante.fr/surveillance/chlordecone/textes.htm
http://www.inserm.fr/espace-journalistes/exposition-au-chlordecone-et-risque-de-survenue-du-cancer-de-la-prostate


Vers un traitement de l’hépatite E

14 juin 2010
15 Juin 2010
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L’hépatite E est responsable d’une inflammation aiguë ou chronique du foie. Il s’agit d’une maladie émergente parfois mortelle et sans traitement connu. Dans un article à paraître dans la revue Annals of Internal Medicine, Vincent Mallet, Philippe Sogni et Stanislas Pol et leur équipe de l’Institut Cochin (Université Paris Descartes, CNRS, Inserm) et du groupe hospitalier Cochin - Saint-Vincent-de-Paul (AP-HP) rapportent l’efficacité d’un traitement chez deux personnes souffrant d’une infection chronique par le virus de l’hépatite E. Des essais cliniques devraient être réalisés rapidement afin de valider et d’étendre ce traitement.

Le virus de l’hépatite E est la première cause d’hépatite virale dans le monde et on estime que le tiers de la population mondiale a été infectée par ce virus. Si la majorité des cas survient dans les pays en voie de développement, on assiste à une émergence de cas d’infection en France et dans les autres pays industrialisés où le virus se transmet à l’homme par la consommation d’aliments contaminés insuffisamment cuits.

Le virus de l’hépatite E, comme les autres virus des hépatites, provoque une inflammation du foie. Dans sa forme aiguë, l’infection aiguë peut être mortelle chez les personnes âgées, les femmes enceintes et chez les personnes malades du foie. Chez les personnes immunodéprimées (patients greffés, patients sous chimiothérapie ou personnes vivant avec le VIH), l’infection par le virus de l’hépatite E peut évoluer vers une hépatite chronique et entraîner une cirrhose.

Un second souffle pour la Ribavirine
La Ribavirine est un médicament actuellement prescrit pour traiter certaines infections virales respiratoires chez l’enfant et certaines fièvres hémorragiques. Il est également utilisé dans le traitement de l’hépatite C.

Vincent Mallet, maître de conférences à l’Université Paris Descartes et praticien hospitalier au sein du groupe hospitalier Cochin - Saint-Vincent-de-Paul (AP-HP), a proposé à deux patients immunodéprimés souffrant d’une infection chronique par le virus de l’hépatite E de suivre un traitement à base de Ribavirine. Chez les deux patients, après deux semaines de traitement, le fonctionnement du foie est redevenu normal. Après quatre semaines de traitement, le virus est devenu indétectable dans l’organisme. Enfin, après l’arrêt du traitement (respectivement 6 et 3 mois à ce jour), le fonctionnement hépatique restait normal et le virus de l’hépatite E demeurait indécelable.

Ce rétablissement spectaculaire des deux patients montre le potentiel de la Ribavirine comme traitement des formes graves d’infection par le virus de l’hépatite E. « Il faut toutefois rester prudent » déclare Vincent Mallet. « En raison du manque de recul, on ne peut encore affirmer la guérison totale des patients, mais notre travail est une véritable avancée. Des tests cliniques doivent maintenant être menés pour trouver la dose, la formulation et la durée adéquates pour traiter les formes graves d’infection par le virus de l’hépatite E ».

Ces travaux ont fait l'objet d'un dépôt d'une demande de brevet.

Source
"Case Reports of Ribavirin Treatment for Chronic Hepatitis E"

Vincent Mallet, Elisabeth Nicand, Philippe Sultanik, Catherine Chakvetadze, Sophie Tessé, Eric Thervet, Luc Mouthon, Philippe Sogni and Stanislas Pol
Institut Cochin, Université Paris Descartes (Unité Mixte de Recherche S1016), CNRS (Unité Mixte de Recherche 8104), Inserm U.1016, Centre Universitaire des Saints-Pères (Unité Mixte de Recherche775), Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, Groupe Hospitalier Cochin Saint-Vincent de Paul, Hôpital Necker Enfants Malades, and Hôpital d’Instruction des Armées du Val-de-Grâce, Paris, France.
Annals of Internal Medicine, June 2010

Contact presse
Alice Tschudy
Université Paris Descartes
Tél. : 01 40 46 18 63
http://www.inserm.fr/espace-journalistes/vers-un-traitement-de-l-hepatite-e

 
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