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Environ 15 % des personnes contaminées par le chikungunya en 2006 éprouvent encore à ce jour des douleurs articulaires de type rhumatismales inflammatoires. Grâce à des travaux menés à la Réunion, on vient de comprendre pourquoi. Ces recherches vont ainsi permettre de traiter les malades. Jusqu’à deux ans après la phase aiguë de la maladie, e virus est retrouvé dans les articulations. Il peut également persister dans d’autres tissus notamment le foie, la rate et les ganglions 
Le chikungunya, il ne faut pas en parler au passé. Parce que la résurgence d’une épidémie plane au-dessous de nos têtes, mais surtout parce que la maladie fait encore souffrir environ 40 000 Réunionnais. C’est ce qu’ont déjà réussi à établir des études indiennes et singapouriennes. Comme le rapporte le Pr Philippe Gasque, directeur du groupe de recherche sur les maladies infectieuses et inflammatoires et professeur de biochimie à l’université de la Réunion, “environ 10 à 20 % des personnes infectées par le chikungunya souffrent de formes graves, des arthrites dont le tableau clinique ressemble à celui des polyarthrites rhumatoïdes”. Autrement dit des rhumatismes. Les plus concernés sont les personnes âgées car leur défense immunitaire est défaillante. Les scientifiques réunionnais ont cherché à comprendre pourquoi la souffrance persistait alors que le virus avait disparu de leur sang. Le centre hospitalier régional (CHR) et l’université de la Réunion, en collaboration avec les hôpitaux de l’Est et de l’Ouest, ont donc lancé une étude sur 49 patients qui ont été hospitalisés entre 2006 et 2007. Des malades atteints de formes graves qui ont accepté de fournir des éléments nécessaires à la constitution d’une banque de sérum et de cellules. “À partir de cette banque, on a pu déterminer les caractéristiques de la réponse immunologique pour combattre l’infection et ce jusqu’à deux ans après la phase aiguë de la maladie”, décrit le chercheur de l’institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). Le virus se cache dans les articulations Les résultats ont été publiés en avril dans la revue américaine The Journal of immunology et présentent, selon les scientifiques, une “découverte majeure”. Ils révèlent que le virus se cache en réalité dans des niches telles que les articulations. Il peut également “persister dans d’autres tissus notamment le foie, la rate et les ganglions, comme l’ont montré récemment les chercheurs du CEA (commissariat à l’énergie atomique, ndlr) sur le macaque”, ajoute le Pr Gasque. Pour autant, “ces personnes ne sont pas infectieuses et ne peuvent pas transmettre le chikungunya”, précise le Dr Marie-Christine Jaffar-Bandjee, coordinatrice de ce programme hospitalier de recherche clinique (PHRC). La bonne nouvelle, c’est qu’il existe un traitement pour soigner ces atteintes chroniques graves. “Ces douleurs étaient jusqu’ici banalisées par les médecins généralistes qui leur prescrivaient des antalgiques de base, explique la biologiste. Car ils ne savaient pas qu’on pouvait utiliser du méthotrexate.” Sur certains épanchements articulaires bien identifiés, la chirurgie pourra être proposée. Et un traitement anti-viral localisé par injection (Interferon) pourrait être envisagé, soutiennent les chercheurs. Mais au préalable, il faut avoir déterminé les parties endolories par imagerie. “Notre découverte va permettre une meilleure prise en charge des patients”, conclut le Pr Gasque. En attendant la mise au point d’un vaccin, cette avancée scientifique représente donc un espoir pour des milliers de patients
Marie Payrard
Voir également Active Infection of Human Blood Monocytes by Chikungunya Virus Triggers an Innate Immune Response [Abstract] Persistent Chronic Inflammation and Infection by Chikungunya Arthritogenic Alphavirus in Spite of a Robust Host Immune Response [Abstract] Presence of Autoimmune Antibody in Chikungunya Infection [Case report] Rheumatoid arthritis after Chikungunya fever: a prospective follow-up study of 21 cases [extract]
http://www.urml-reunion.net/presse-revue/2010_presse/chik-douleur20100512.html
Source : Clicanoo.com le 12 mai 2010
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