Accueil arrow Communiqués arrow Denosumab : une nouvelle biothérapie dans l’ostéoporose
Denosumab : une nouvelle biothérapie dans l’ostéoporose Convertir en PDF Version imprimable
Communiqués
Par Philippe Brissaud   
02-12-2009

Dans le cadre du 22ème Congrès de la SFR (Société Française de Rhumatologie) à Paris le 30 novembre, les laboratoires Amgen ont organisé une conférence de presse pour présenter le denosumab (Prolia), futur traitement de l’ostéoporose.

Un besoin d’information
ImageL’état des lieux sur l’ostéoporose révèle que l’ostéoporose est encore sous diagnostiquée et sous traitées malgré les nombreux outils et traitements disponibles.
Ces paradoxes ont été bien montrés par l’enquête Ostelolink lancée à l’initiative de l’IOF (International Osteoporosis Foundation), notamment l’observance est mauvaise en raison principalement d’un manque d’informations à la fois pour les patientes que pour mes médecins. Le site Osteolink va donc développer des outils sur le web afin de mieux répondre aux attentes des patientes et des médecins. http://www.iofbonehealth.org


Biotechnologies et biothérapies
Les progrès fantastiques des dernières décennies concernant notamment l’ADN ont permis de fabriquer des molécules « issues du vivant », par exemple des anticorps, dirigés contre une cible très précise dans l’organisme. Les biothérapies sont en effet des traitements ciblés qui agissent dans la plupart des cas à l’extérieur ou à la surface des cellules, ce qui diminue les risques d’effets secondaires fréquents avec les médicaments classiques qui agissent en intracellulaire.
L’os en en perpétuel remodelage, avec couplage entre formation (ostéoblastes) et résorption (ostéoclastes). Ce remodelage est finement régulé et soumis à de nombreux signaux extérieurs. Dans ce vaste système, trois protéines jouent un rôle majeur : l’OPG (ostéoprotégérine), le récepteur RANK et son ligand. Les ostéoblastes sécrètent du RANKL qui va se fixer sur le récepteur RANK présent à la surface des ostéoclastes ce qui les active et provoque donc la résorption osseuse. L’OPG est un inhibiteur naturel de RANKL qu’il capture et inhibe. Le denosumab est un anticorps anti RANKL qui agit comme l’OPG pour bloquer le RANKL et donc son action sur les ostéoclastes.

Une amélioration du service rendu
L’ostéoporose post-ménopausique est caractérisée par un excès de résorption osseuse par rapport à la construction, ce qui aboutit à une perte osseuse. En bloquant la résorption, comme le fait le denosumab qui bloque RANKL, on évite la perte osseuse et on favorise la formation.
Il faut souligner que, contrairement aux bisphosphonates qui s’accumulent dans l’os pour de nombreuses années, à l’arrêt du denosumab la résorption osseuse se remet en marche.
On voit bien que l’observance du traitement est très médiocre chez les patientes ostéoporotiques, l’administration seulement une fois tous les 6 mois en injections sous cutanées, pouvant être effectuées par la patiente elle-même, devrait l’optimiser.
Les effets secondaires dans toutes les séries actuelles ne sont pas majeurs et ne diffèrent pas du placebo, en dehors de réactions locales bénignes aux points d’injection. Aucun risque particulier n’est apparu dans les études effectuées que ce soit dans l’ostéoporose ou dans le traitement des métastases osseuses en cancérologie. L’impact sur le système immunitaire semble minime toutefois il faut rester prudent sur les risques possibles à long terme.

Dernière mise à jour : ( 02-12-2009 )
 
< Précédent   Suivant >