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Actualités INSERM
Par Philippe Brissaud   
30-07-2009

3 juillet 2009
Communiqué de presse

L’effet surprenant du cannabis sur la dépendance à la morphine
Des injections de THC, principe actif majoritaire du cannabis, suppriment la dépendance aux opiacés (morphine, héroïne) chez des rats séparés de leur mère à la naissance. C’est ce que révèle l’étude de Valérie Daugé et son équipe du laboratoire Physiopathologie des maladies du système nerveux central (UPMC / CNRS / Inserm) dans la revue Neuropsychopharmacology. Ces résultats pourraient aboutir à des alternatives thérapeutiques aux traitements de substitution existants.
Pour étudier les affections psychiatriques, les neurobiologistes ont établi des modèles animaux, notamment de séparation mère/nouveau-né. Priver des rats de leur mère plusieurs heures par jour après leur naissance se traduit par un manque de soins et un stress précoce. Ce manque de soins, qui survient pendant une période de développement neuronale intense, est susceptible d’engendrer un dysfonctionnement cérébral durable. L’équipe de Valérie Daugé du laboratoire Physiopathologie des maladies du système nerveux central (UPMC / CNRS / Inserm) a analysé les conséquences de cette absence maternelle couplée à des injections de tétrahydrocannabinol ou THC, le principe actif majoritaire du cannabis, sur le comportement vis-à-vis des opiacés.
Précédemment, Valérie Daugé et ses collaborateurs ont montré que ces rats privés de leur mère à la naissance deviennent hypersensibles au plaisir procuré par la morphine et l’héroïne (substances de la famille des opiacés) et, rapidement, ces animaux développent une dépendance. Par ailleurs, il y a une corrélation entre ces perturbations comportementales liées à la dépendance et un hypofonctionnement du système enképhalinergique1, le système endogène aux opiacés.
A ces rats stressés dès la naissance, les chercheurs ont administré, par intermittence, des doses croissantes de THC (5 ou 10 mg/kg) au cours de la période correspondant à leur adolescence (entre 35 et 48 jours après la naissance). En mesurant leur consommation de morphine à l’âge adulte, ils ont constaté que, contrairement aux résultats obtenus précédemment, ces animaux ne développaient plus de comportement typique de dépendance à la morphine. De plus, les données de biochimie et de biologie moléculaire corroborent ces résultats. En effet, au niveau du striatum, une zone du cerveau impliquée dans la dépendance aux drogues, la production d’enképhalines endogènes est restaurée sous THC tandis qu’elle était diminuée chez les rats stressés à la naissance et n’ayant pas reçu de THC.
Ces modèles animaux sont validés pour comprendre, chez l’homme, les conséquences neurobiologiques et comportementales des conditions postnatales. Dans ce contexte, les résultats obtenus constituent une piste vers la mise au point de nouveaux traitements permettant de pallier les effets de manque et réprimer la dépendance aux drogues.

Source
Adolescent Exposure to Chronic Delta-9-Tetrahydrocannabinol Blocks Opiate Dependence in Maternally Deprived Rats –
Lydie J. Morel, Bruno Giros and Valérie Daugé
Neuropsychopharmacology 24 juin 2009, PMID: 19553915.

Contacts
Chercheur l Valérie Daugé l T 01.44.27.61.09 l Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
Presse CNRS l Elsa Champion l T 01.44.96.43.09 l Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir


6 juillet 2009

Susceptibilité génétique dans une région du chromosome 9 commune à plusieurs cancers : mélanome et gliome
Des équipes de chercheurs français associées à des consortia de recherche européens et internationaux viennent d’identifier des variants génétiques localisés dans une région du chromosome 9 (9p21) commune à plusieurs cancers de nature différente dont le cancer de la peau (mélanome) et les tumeurs du cerveau (gliomes).
Ces études, publiées dans l’édition électronique de la revue Nature Genetics du 5 juillet 2009, apportent un nouvel éclairage sur les mécanismes qui sous-tendent l’apparition de différents cancers en caractérisant des déterminants génétiques communs à ces cancers et d’autres qui leur sont propres. Ces travaux vont permettre d’améliorer les stratégies de prévention et de surveillance ciblées, et ouvrent des perspectives nouvelles dans le diagnostic et le traitement, notamment dans le développement d’outils diagnostiques pouvant être adaptés au suivi de la réponse aux traitements, et de nouvelles approches thérapeutiques. L’identification des régions du génome impliquées dans la prédisposition génétique aux cancers, et aux maladies multifactorielles en général, est l’un des enjeux majeurs de la recherche actuelle en génétique.
L’étude génétique du mélanome a été menée, en France, par des chercheurs de l’Inserm, du CEA (Centre National de Génotypage, CEA-CNG), de l’Institut Gustave Roussy, de la Fondation Jean-Dausset-CEPH et des cliniciens de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris et de centres hospitaliers de l’ensemble de la France.
Cette étude est associée au consortium international GenoMEL (Melanoma Genetics Consortium : http://www.genomel.org/) et reçoit en France le soutien de l’Institut National du Cancer (INCa) et de la Ligue Nationale Contre le Cancer.
L’étude génétique du gliome, soutenue par l’INCa, a été réalisée par des chercheurs de l’Inserm, du CEA (Centre National de Génotypage, CEA-CNG), de la Fondation Jean-Dausset-CEPH et des cliniciens de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, en collaboration avec des laboratoires européens et américains.
L’étude génétique du mélanome publiée dans Nature Genetics a examiné 300 000 variants génétiques sur l’ensemble du génome et validé les résultats sur plus de 10 000 personnes (2 500 sujets pour la partie française) en comparant ceux qui ont développé un mélanome à ceux qui n’en ont pas. Deux régions du génome associées au mélanome, mises en évidence par cette étude, sont situées sur les chromosomes 11 et 16 et contiennent des gènes impliqués dans le processus de pigmentation. La troisième région sur le chromosome 9 (9p21) inclut des gènes impliqués dans le cycle cellulaire et, est associée non seulement au mélanome mais également au nombre de grains de beauté comme le rapporte l’étude de jumeaux anglais et australiens publiée dans la même édition de Nature Genetics, et à d’autres cancers.
De manière très intéressante, l’effet des variants génétiques identifiés dans les différentes régions du génome sur le risque de mélanome est remarquablement homogène dans les populations d’origine Européenne étudiées qui vivent à différentes latitudes.
Comme le souligne Florence Demenais, directrice de l’unité de recherche 946 Inserm-Université Paris 7 à l’hôpital Saint Louis, spécialisée dans l’épidémiologie génétique des maladies multifactorielles, les mécanismes par lesquels les effets combinés des facteurs génétiques et de l’exposition au soleil causent le mélanome sont encore mal compris, mais les études génétiques sur l’ensemble du génome réalisées au plan international peuvent permettre de progresser dans la compréhension de ces mécanismes et peuvent conduire, à terme, au développement de nouvelles cibles thérapeutiques adaptées aux mécanismes moléculaires.
Pour identifier les variants génétiques associés au risque d’apparition du gliome, les chercheurs ont effectué une analyse combinée de deux études réalisées sur l’ensemble du génome, portant sur 5540 sujets, en comparant les patients atteints de gliome aux sujets sains. La validation des résultats a été effectuée dans 3 autres études réalisées en France, en Allemagne et en Suède. Les cohortes françaises représentaient plus de la moitié des sujets impliqués dans cette étude de validation (5408 sujets au total). Ces travaux ont permis d’identifier des variants génétiques localisés dans la même région du génome (9p21) que le mélanome cutané, ainsi que 5 autres régions situées sur les chromosomes 5, 8, 11 et 20. Ces résultats démontrent pour la première fois que des variants génétiques fréquents contribuent au risque de gliome. L’identification de régions du génome, qui contiennent des gènes jouant un rôle dans les mécanismes de division et de mort cellulaire, va permettre d’explorer, dans des étapes ultérieures, les mécanismes biologiques à l’origine des tumeurs rimitives du cerveau.
L’ensemble de ces travaux illustre la puissance des études génétiques à haut débit, réalisées en France au CEA-CNG, capables d’analyser des milliers de marqueurs génétiques sur l’ensemble du génome chez des milliers de sujets, afin d’identifier les gènes prédisposant à des pathologies comme les cancers, ayant une incidence importante en santé publique.
Ces études entrent dans le cadre du programme national en génomique du cancer mis en place et financé par l’Institut National du Cancer (INCa) en 2006, et dans lequel le CEA-CNG et la Fondation Jean Dausset-CEPH sont des opérateurs aux côtés des équipes de recherche de l’Institut Thématique Multi-organismes Cancer, fédérées par les cancéropôles.
Les programmes de recherche sur le mélanome et le gliome ont aussi été soutenus en France par la Ligue Nationale contre le Cancer (LNCC) et le Programme Hospitalier de Recherche Clinique.

Contact chercheurs :
Dr. Florence Demenais Unité 946, Inserm-Université Paris Diderot-Paris7, Fondation Jean-Dausset-CEPH, 27 rue Juliette Dodu, 75010 Paris, France - Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
Dr. Marc Sanson, Service de Neurologie Mazarin et UMR 975 Inserm -Université Pierre et Marie Curie, 47 Boulevard de l’hôpital, 75651 Paris Cedex 13 – Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
Pr. Mark Lathrop, Fondation Jean-Dausset-CEPH et Centre National de Génotypage du CEA
2 rue Gaston Crémieux, 91057, Evry Cedex, France – Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

Contact presse :
Institut national du Cancer
Vanessa Ralli
Tel. : 01 41 10 14 44
Email : Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir


Découverte d’un mécanisme qui contrôle le destin des cellules souches du sang

www.cnrs.fr

Des travaux pourraient apporter un nouvel éclairage sur les leucémies, où des cellules souches anormales restent « indécises » et échappent encore aux traitements.
Jusqu’à présent, les études sur les cellules souches du sang ont ouvert le chemin à des recherches sur les cellules souches d’autres tissus.
A ce titre, les résultats de l’équipe de Michael Sieweke et ses collaborateurs publiés aujourd’hui pourraient éclairer plus généralement le mode de fonctionnement des cellules souches (de cerveau, de muscle, d’intestin).

Bibliographie
MAFB Restricts M-CSF Dependent Myeloid Commitment Divisions of Hematopoietic Stem Cells, Sandrine Sarrazin, Noushine Mossadegh-Keller, Taro Fukao, Athar Aziz, Frederic Mourcin, Laurent
Vanhille, Louise M. Kelly-Modis, Philippe Kastner, Susan Chan, Estelle Duprez, Claas Otto and Michael H. Sieweke, Cell, 24 juillet 2009 .

Contacts

Chercheur l Dr. Michael Sieweke l T 04 91 26 94 38 l Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
Presse l Claire Le Poulennec l T 01 44 96 49 88 l Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir

 
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