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Actualités INSERM
Par Philippe Brissaud   
08-05-2009

Transplantation d'organes : quelles voies de recherche ?

Une expertise collective de l'Inserm
23 mars 2009
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Malgré les progrès considérables accomplis par le passé, de nombreuses avancées sont encore nécessaires pour améliorer le prélèvement d'organes et garantir le succès de la transplantation à long terme. Comment résoudre le problème de la pénurie de donneurs ? Comment optimiser les traitements immunosuppresseurs lourds et peu spécifiques ? Existe-t-il une possibilité de diminuer ou d'éviter les multiples complications post-transplantation ?

En 2007, plus de 275 000 Européens vivaient avec un organe greffé et des milliers étaient en attente d'un greffon. En France, le nombre de greffes a augmenté de 44 % depuis l'année 2000. En 2008, près de 13 800 personnes nécessitaient une greffe d'organe et 222 patients sont décédés faute d'être greffés à temps. Chaque année, le nombre de personnes inscrites en liste d'attente progresse de 4 % environ.

La transplantation a fait l'objet d'avancées majeures en chirurgie, médecine et recherche au cours des vingt dernières années. Malgré un succès indéniable à court terme, les patients greffés doivent faire face au risque de rejet chronique et à des complications sur le long terme. Avec l'augmentation des maladies chroniques et le vieillissement de la population, les greffes deviennent de plus en plus fréquentes et entraînent une pénurie de greffons. Cette situation justifie de dresser la liste des acquis et de définir des axes de recherche à promouvoir.

À la demande de l'Agence de la biomédecine, l'Inserm a réuni un groupe d'experts spécialistes de différents domaines de la transplantation afin de réaliser, selon la procédure d'expertise collective, un bilan des connaissances scientifiques et médicales sur la transplantation d'organes solides (rein, foie, coeur, poumon).

Cette expertise analyse des domaines de recherche prioritaires pour améliorer les résultats quantitatifs et qualitatifs de la greffe. Les conditions du prélèvement de l'organe, de sa conservation et de son implantation chez le receveur jouent un rôle clé pour la réussite de la greffe.

Le groupe d`experts recommande donc de :
Définir les possibilités d'élargissement du profil des donneurs tels que les donneurs décédés après arrêt cardiaque, donneurs vivants ; établir des scores de risques pour le receveur ;
Acquérir une meilleure connaissance des lésions du greffon liées au prélèvement et à son implantation chez le receveur ; développer de nouvelles générations de solutions de conservation des greffons plus protectrices ;
Mieux comprendre les mécanismes de tolérance, de rejet aigu et chronique avec le développement de nouveaux marqueurs de surveillance du statut immunitaire de la greffe ;
Développer de nouvelles stratégies immunosuppressives prenant en compte la variabilité génétique de la réponse au traitement immunosuppresseur ; soutenir le développement de nouveaux immunosuppresseurs sans effet toxique sur le rein, ne favorisant pas la survenue de cancer et susceptibles d'induire une tolérance ;
Améliorer la maîtrise des complications avec une évaluation du risque infectieux, métabolique et de cancer ; promouvoir l'éducation des patients et la formation des équipes de transplantation aux complications ;

Les experts soulignent la dimension particulièrement multidisciplinaire de la recherche en transplantation et insistent sur le développement d'un programme structuré de recherche dans le cadre d'une organisation en réseau des différents centres de transplantation et des laboratoires de recherche.

Synthèse de l'expertise disponible sur le site de l'Inserm

Pour en savoir plus
Groupe d'experts
Monique BERNARD, Centre de résonance magnétique biologique et médicale (CRMBM), CNRS UMR 6612, Université de la Méditerranée, Marseille
Lucienne CHATENOUD, Service Immunologie biologique, GHU-Ouest Necker-Enfants malades ; Inserm U 580, Université Paris Descartes-Paris 5, Paris
Philippe COMPAGNON, Service de chirurgie hépato-biliaire et digestive, CHU de Rennes ; Inserm U 522, Université de Rennes 1, Rennes
Maria Cristina CUTURI, Institut de transplantation et de recherche en transplantation (ITERT), Inserm UMR-S 643, Université de Nantes, Nantes
François DURAND, Service d'hépatologie et Unité de réanimation hépatodigestive, GHU-Nord Beaujon ; Inserm U 773, Université Paris Diderot-Paris 7, Paris
Antoine DURRBACH, Service de néphrologie, GHU-Sud Bicêtre ; Inserm U 542, Université Paris-Sud 11, Villejuif
Philippe GRIMBERT, Service néphrologie et transplantation, GHU-Sud Henri Mondor ; Inserm U 955, Université Paris 12 Val de Marne, Créteil
Thierry HAUET, Service de biochimie, CHU de Poitiers ; Inserm U 927, Université de Poitiers, Poitiers ; Plateforme IBiSA, Surgères
Philippe LANG, Service néphrologie et transplantation, GHU-Sud Henri Mondor ; Inserm U 955, Université Paris 12 Val de Marne, Créteil
Christophe LEGENDRE, Service de transplantation rénale adulte, GHU-Ouest Necker-Enfants malades ; Inserm U 580, Université Paris Descartes-Paris 5, Paris
Emmanuel MORELON, Service de néphrologie, médecine de transplantation et immunologie clinique, CHU de Lyon ; Inserm U 851, Université Claude Bernard Lyon 1, Lyon
Didier SAMUEL, Centre hépato-biliaire, GHU-Sud Paul Brousse ; Inserm UMR-S 785, Université Paris-Sud 11, Villejuif
Laurent SEBBAG, Pôle médico-chirurgical de transplantation cardiaque, CHU de Lyon ; Inserm U 886, Université Claude Bernard Lyon 1, Lyon
Gabriel THABUT, Service de pneumologie B et transplantation pulmonaire, GHU-Nord Bichat - Claude Bernard ; Inserm U 738, Université Paris Diderot-Paris 7, Paris

Notes de lecture
Bernard CHARPENTIER, Service de néphrologie, dialyses, transplantation, GHU-Sud Bicêtre ; Inserm UMR-S 542, Université Paris-Sud 11, Paris
Yvon LEBRANCHU, Service de néphrologie et immunologie clinique, CHU de Tours ; EA 4245, Université François Rabelais, Tours
Jean-Paul SOULILLOU, Institut de transplantation et de recherche en transplantation (ITERT), Inserm UMR-S 643, Université de Nantes, Nantes

Intervenants
Dominique DEBRAY, Service d'hépatologie pédiatrique, GHU-Sud Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre
Patrick NIAUDET et Rémi SALOMON, Service de néphrologie pédiatrique, GHU-Ouest Necker-Enfants malades, Paris

Contact presse et demandes d'interviews
Priscille Rivière
Inserm Pôle presse
Tél. : 01 44 23 60 97


De nouvelles avancées dans la recherche thérapeutique des maladies dégénératives de la rétine

March 16, 2009
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Au cours de ces dernières années, l'équipe de Thierry Léveillard, Directeur de recherche à l'Inserm, Saddek Mohand-Saïd et du Pr José-Alain Sahel à l'Institut de la Vision à Paris a consacré ses recherches à l'étude des rétinopathies pigmentaires, maladies héréditaires de la rétine. Dans de nouveaux travaux publiés dans la revue Molecular Therapy, le rôle protecteur de la fonction visuelle par la protéine RdCVF est établi. L'objectif, à terme, est de proposer un traitement de ces maladies incurables qui affectent 40 000 personnes en France.
Les rétinopathies pigmentaires sont des maladies génétiques s'attaquant progressivement aux cellules de l'oeil (les photorécepteurs) qui convertissent le signal lumineux en un signal interprétable par le cerveau et conduisant peu à peu à la cécité. 40 000 personnes en sont atteintes en France. Bien que de nouvelles approches par thérapie génique soient en cours de développement, ces maladies sont encore aujourd'hui incurables.
Chez les personnes malades, les photorécepteurs à bâtonnets impliqués dans la vision de nuit sont atteints en premier. Dans un second temps les photorécepteurs à cônes, essentiels à la vision centrale et l'acuité visuelle de jour, dégénèrent.

En 2004, les chercheurs ont identifié une protéine à fort potentiel pour le traitement des dégénérescences rétiniennes héréditaires : la protéine RdCVF (rod-derived cone viability factor) ou facteur de viabilité des cônes dérivé des bâtonnets. Cette protéine secrétée par les bâtonnets sert de "substance nutritive" aux photorécepteurs à cônes. Lors de l'évolution de la maladie, la disparition des bâtonnets entraine la perte de sécrétion de RdCVF, puis la dégénérescence des cônes et l'altération progressive des fonctions visuelles associées.

Aujourd'hui, Ying Yang, chercheur de l'équipe dirigée par Thierry Léveillard, rapporte dans un modèle animal, que l'injection de la protéine RdCVF augmente le nombre de cônes présents dans la rétine mais surtout, que les animaux traités ont une vision deux fois supérieure aux animaux non traités. Ces résultats indiquent que la protéine n'assure pas seulement la survie des cônes mais préserve significativement leur fonction et ralentit ainsi la perte visuelle.

En parallèle, Ram Fridlich, étudiant dans l'équipe, a montré qu'une autre forme de la protéine RdCVF permettait quant à elle de lutter contre le stress photo-oxydatif.
Il s'agit d'étapes importantes dans la recherche qui devraient conduire au traitement des patients souffrant de ces pathologies, approche développée en partenariat avec la société Fovea-Pharmaceuticals.

"Fort de ces dernières avancées, nous travaillons avec ce partenaire à développer et valider une formulation de synthèse de la protéine RdCVF compatible avec une utilisation chez l'homme. Notre objectif après cette dernière étape est de débuter les premiers essais cliniques le plus rapidement possible au Centre d'Investigation Clinique de l'hôpital des Quinze-Vingts" explique le Pr José-Alain Sahel.

Pour en savoir plus
Sources :
Functional Cone Rescue by RdCVF Protein in a Dominant Model of Retinitis Pigmentosa
Accès à l'article original sur Molecular Therapy  (10 March 2009)

The thioredoxin-like protein RdCVFL interacts with Tau and inhibits its phosphorylation in the retina
Accès à l'article original sur Mol Cell Proteomics (11 March 2009)

Contacts chercheurs :
Thierry Léveillard (tél. : 01 53 46 25 48)
José-Alain Sahel

 
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