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Myopathie de Duchenne : réparation de cellules souches musculaires humaines Convertir en PDF Version imprimable
Actu Web - Décembre 2007
Par Philippe Brissaud   
12-12-2007

Des cellules souches musculaires de personnes atteintes de myopathie, peuvent-elles être corrigées de façon pérenne et, in fine, "guéries" ? C'est en utilisant une technique de thérapie génique, le "saut d'exon" , qu'une équipe de chercheurs franco-italiens coordonnée par le chercheur CNRS Luis Garcia et Yvan Torrente y est parvenue. Ces scientifiques ont ainsi restauré, pour la première fois, la fonctionnalité de la dystrophine humaine, la protéine manquante dans la myopathie de Duchenne, la plus fréquente des maladies neuromusculaires. Ils ont ensuite transplanté ces cellules humaines "corrigées" dans des souris modèles de cette pathologie, pour tester leur efficacité. Et, les performances musculaires des souris s'en sont trouvées améliorées. Publiés le 13 décembre 2007 dans la revue Cell Stem Cell, ces travaux ont été effectués en partie dans le cadre de Généthon, laboratoire créé et financé par l'AFM grâce aux dons du Téléthon. Ils constituent une avancée dans le traitement cellulaire autologue, utilisant les propres cellules du patient "réhabilitées".

L'équipe de chercheurs franco-italiens pilotée par Luis Garcia (Paris) et Yvan Torrente (Milan) a d'abord isolé ces cellules par prélèvement sanguin , d'une part, et directement dans le muscle, d'autre part. Ils ont ensuite "corrigé" in vitro la mutation du gène humain (DMD) via la technique du saut d'exon, en utilisant un dispositif composé d'un vecteur (lentivirus) codant le petit ARN nucléaire U7. Puis, les cellules humaines "restaurées" ont été injectées dans des souris modèles de la myopathie de Duchenne (par voie intra musculaire et par voie intra artérielle). Résultat, près de 45 jours plus tard, les souris traitées expriment de la dystrophine humaine et présentent des performances musculaires améliorées.

Ces travaux démontrent qu'il est possible d'équiper des cellules souches musculaires de malades de ce dispositif, qui permet la réhabilitation de la dystrophine de façon pérenne. Ce qui laisse espérer la possibilité d'un traitement cellulaire autologue .

Références :
Restoration of Human Dystrophin Following Transplantation of Exon-Skipping-Engineered DMD Patient Stem Cells into Dystrophic Mice. Rachid Benchaouir, Mirella Meregalli, Andrea Farini, Giuseppe D'Antona, Marzia Belicchi, Aurélie Goyenvalle, Maurizio Battistelli, Nereo Bresolin, Roberto Bottinelli, Luis Garcia and Yvan Torrente. Cell Stem Cell. 13 décembre 2007.

http://www.cnrs.fr/

 
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