Accueil arrow Maladies traitées par biothérapies arrow Spondylarthrite Ankylosante
Spondylarthrite Ankylosante Convertir en PDF Version imprimable
Spondylarthrite
Par Agnès Chabot   
06-06-2007

 Télécharger le fichier au format .pdf

SAVOIR
La spondylarthrite (du grec spondylos qui signifie vertèbre) est une affection touchant principalement la colonne vertébrale, mais elle peut également entraîner une atteinte des articulations et des insertions tendineuses. Le terme “ spondylarthrite ankylosante ” est moins souvent utilisé, et tend à être remplacé par celui de “ pelvispondylite rhumatismale ”, car l’ankylose est de moins en moins souvent observée. C’est une affection rare, qui toucherait 0,1 à 0,2 % de la population.

La spondylarthrite appartient à un groupe d’affections appelées “ spondylarthropathies ”. En effet, chez un même malade ou dans une même famille peuvent s’observer diverses manifestations qui représentent les divers visages d’une même affection.

Les spondylarthropathies

Ce sont :

La spondylarthrite ankylosante :
Son diagnostic repose sur l’association de signes cliniques d’inflammation de la colonne vertébrale et des sacro-iliaque (douleur et raideur lombaires ou dorsales à prédominance nocturne, sciatique à bascule), parfois une atteinte articulaire inflammatoire (avec parfois un aspect très évocateur de doigt ou d’orteil “ en saucisse ”), des douleurs à l’insertion tendineuse (au talon en particulier) ; d’un terrain génétique particulier (cf. plus loin) ; de signes radiographiques ; de signes extra-articulaires somme l’atteinte oculaire ou digestive. Elle touche un peu plus l’homme et débute le plus souvent dans la troisième décennie.

Le rhumatisme psoriasique :
Cette affection donne des arthrites périphériques, ressemblant à ce qui est observé dans la polyarthrite rhumatoïde, mais l’atteinte n’est pas symétrique, la dernière phalange est souvent atteinte, il existe une prédisposition pour les membres inférieurs. Le psoriasis précède le plus souvent les manifestations articulaires, mais il peut aussi leur succéder dans 10 à 20% des cas. Cependant, le psoriasis est très fréquent en France (1 à 3 % de la population générale) et toute douleur articulaire chez une personne ayant cette maladie de peau n’est pas synonyme de rhumatisme psoriasique. L’atteinte axiale s’observe dans 20 à 30 % des rhumatismes psoriasiques.

Les arthrites réactionnelles :
Des arthrites peuvent, sur un terrain prédisposé, succéder à une infection soit génitale, soit digestive (gastro-entérite). Cependant, le germe n’est pas retrouvé dans l’articulation par les techniques usuelles.

La maladie de Crohn ou la recto-colite hémorragique :
Ces affections ont en commun une inflammation du tube digestif. Elles peuvent s’associer à des manifestations articulaires comme la spondylarthrite dans 5 à 10 % des cas.

Le syndrome SAPHO (pour Synovite, Acné, Pustulose, Hyperostose et Ostéite)
Qui est caractérisé par une inflammation osseuse (hyperostose) associée à diverses manifestations cutanées. L’atteinte de la paroi thoracique antérieure y est particulièrement fréquente (sternoclaviculaire et manubrium sternal en particulier).

Quels sont les examens complémentaires nécessaires ?
Les radiographies de la colonne cherchent des modifications précoces témoignant d’une atteinte inflammatoire rachidienne ou des sacro-iliaques (“ sacr-iliite ”). Le scanner ou l’IRM sacro-iliaques sont plus sensibles et peuvent avoir un intérêt si les radiographies sont douteuses. On a parfois la surprise de diagnostiquer une pelvispondylite rhumatismale avec atteinte radiographique évoluée chez des personnes qui ne se sont jamais plaintes…

Il existe chez 90 % des personnes souffrant de spondylarthrite et chez 50 à 70 % des autres spondylarthropathies un marqueur génétique particulier appelé HLA B27. On ne sait pas quel mécanisme cette protéine est liée à la maladie. En France, 6 à 8 % de la population porte HLA B27, sans avoir aucun symptôme de spondylarthrite. La recherche de ce marqueur génétique n’est pas indispensable s’il existe suffisamment d’autres arguments pour le diagnostic.

L’inflammation peut être détectée par une augmentation de la vitesse de sédimentation (VS) des globules rouges, mais elle n’est pas systématique et sa normalité n’exclut pas le diagnostic.

VIVRE AVEC
L’évolution de la spondylarthrite est le plus souvent bénigne, et cette affection est compatible pour la majorité des patients avec une vie professionnelle et familiale normale. Un début avant l’âge de 16 ans, une atteinte de la hanche, une élévation de la vitesse de sédimentation sont des facteurs de mauvais pronostic. Les différentes localisations ont leur propre potentiel évolutif :

L’atteinte rachidienne, outre les douleurs qu’elle entraîne, possèdent un risque évolutif particulier qui est l’ankylose, c’est-à-dire la fusion des vertèbres entre-elles. Cette ankylose est due à une ossification des ligaments intervertébraux. Elle se traduit d’abord par une perte de la cambrure lombaire, puis par une augmentation de la cyphose dorsale, puis par une ankylose de la colonne cervicale ; Cette évolution est heureusement devenue rare, et tout doit être fait pour que si elle survienne, ce soit en bonne position. On recommande donc certaines postures préventives, et l’on déconseille certaines attitudes.

L’ankylose des articulations sacro-iliaques n’est jamais source de handicap et n’empêche pas un accouchement par les voies naturelles.

L’atteinte de la paroi thoracique antérieure peut être source de difficultés à bien gonfler le thorax, et exceptionnellement d’une insuffisance respiratoire.

Les atteintes périphériques peuvent, comme dans la polyarthrite rhumatoïde, être source de destruction articulaire.

Parmi les manifestations extra-articulaires, la plus sérieuse est l’uvéite. C’est une inflammation de la partie antérieure de l’œil, qui se traduit par un œil rouge et douloureux. C’est une urgence car un retard de traitement risque de laisser des séquelles. Une atteinte cardiaque est possible mais très rare.

Une grossesse est tout à fait possible chez les femmes atteintes de spondylarthropathies. Il est d’important de vérifier avant la conception quels traitements pourront être poursuivis sans risque.

On peut faire du sport avec une spondylarthrite : natation, en particulier sur le dos, vélo, en privilégiant un matériel permettant d’avoir le dos droit (donc avec un guidon remonté).

SE TRAITER
Les traitements ont un double but : soulager bien sûr, et prévenir les complications. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) sont généralement d’une efficacité remarquable dans la spondylarthrite. L’horaire de prise est important, une prise le soir est souvent recommandée pour lutter contre les douleurs nocturnes et la sensation de raideur matinale. Tous les AINS n’ont pas la même efficacité et il peut être nécessaire d’en essayer plusieurs pour déterminer le plus efficace. La tolérance au long cours peut devenir un problème.

La rééducation est un volet fondamental du traitement. Son but est de prévenir les déformations, ou de permettre une ankylose en bonne position. Le kinésithérapeute enseigne des mouvements et exercices, mais un travail personnel régulier est indispensable.

Les corticoïdes sont moins efficaces que les AINS. En revanche, des infiltrations peuvent être utiles s’il existe des arthrites périphériques ou des douleurs rebelles des talons.

Les traitements “ de fond ” ne sont utiles (sauf exception) que s’il existe des manifestations périphériques de la maladie. En effet, leur intérêt dans les formes avec atteinte rachidienne isolée est discuté (les essais cliniques ne montrant pas d’efficacité).

Les biothérapies (anti TNF alpha) développées dans la polyarthrite rhumatoïde sont actuellement utilisées dans les formes les plus sévères de spondylarthrite ou de rhumatisme psoriasique.

Enfin, l’existence d’un œil rouge et douloureux doit amener à consulter en urgence un ophtalmologiste pour rechercher et traiter une éventuelle uvéite.

Les médecines parallèles (homéopathie, acupuncture, mésothérapie…) n’ont pas fait la preuve de leur efficacité dans cette indication. Il est cependant parfois possible de les associer à un traitement conventionnel, et il ne faut pas hésiter à en parler à son praticien.

SE PROTEGER
Il n’existe pas de moyen de prévenir la maladie à l’heure actuelle. La question d’un “ dépistage ” chez les enfants est souvent posée par les patients porteurs de l’HLA B27. En fait, ce dépistage n’a aucune utilité, car le fait d’être porteur de B27 ne signifie pas que la maladie va se développer. Le risque pour vos enfants de développer une spondylarthropathie est un peu plus élevé que dans la population générale, mais reste modeste.

Le meilleur moyen de mener une vie normale une fois la maladie déclarée est de bien se prendre en charge et en particulier de s’astreindre à une rééducation quotidienne. Surveiller son poids est également utile.

Tous les vaccins peuvent être administrés.

SPONDYLARTHRITE ET TRAVAIL

Spondylarthrite et aptitude au travail
Le plus souvent, la spondylarthrite permet une vie normale. Si elle se déclenche tôt (avant 16 ans), il est préférable d’éviter les orientations professionnelles impliquant le port répété de charges lourdes, imposant une conduite prolongée… Si l’affection se déclare alors qu’une profession est déjà exercée, ce qui est le cas le plus fréquent, il faut la poursuivre tant que cela est possible. Le médecin du travail pourra éventuellement permettre l’aménagement du poste de travail. En dernier recours, un reclassement professionnel peut être envisagé.

Spondylarthrite et prise en charge à 100%
Les formes évolutives de spondylarthrite ankylosante font partie de la liste des affections donnant droit à une prise en charge à 100 %. Votre médecin doit remplir un formulaire de demande de prise en charge, qui est ensuite examiné par le médecin-conseil de la sécurité sociale. Seules les consultations et les soins relatifs à la spondylarthrite sont pris en charges à 100 %, le reste (grippe par exemple) étant remboursé au taux normal.

Associations de patients

Association France Spondylarthrites (AFS)
L'Association France Spondylarthrites (AFS), fusion de l' Association Française des Spondylarthritiques et de Spondylis, est une association de malades administrée par des malades, pour les malades et leurs familles, partout en France.
http://www.spondylarthrite.org/

Sources validées sur le web

SFR
Sur le site de la SFR (Société Française de Rhumatologie)
http://www.rhumatologie.asso.fr/04-Rhumatismes/grandes-maladies/0E-dossier-spondylarthrite/sommaire-spondylarthrite.asp

La spondylarthrite ankylosante en 100 questions
Par l’équipe de l’Hôpital Cochin
http://www.rhumatismes.net/index.php?id_bro=11&p=5&rub=edito

Orphanet
http://www.orpha.net/consor/cgi-bin/OC_Exp.php?Lng=FR&Expert=825

Faculté de Médecine ULP Strasbourg France
Année 2002
http://www-ulpmed.u-strasbg.fr/medecine/cours_en_ligne/e_cours/imunopathologie/spondylarthropathie.pdf

Dernière mise à jour : ( 29-07-2010 )
 
< Précédent