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La maladie de Parkinson reconnue comme pathologie professionnelle Convertir en PDF Version imprimable
Par Philippe Brissaud   
21-09-2006

LE MONDE | 22.09.06 | 14h31  •  Mis à jour le 25.09.06 | 16h33

Le tribunal des affaires de sécurité sociale (TASS) de Bourges (Cher) a reconnu comme maladie professionnelle la maladie de Parkinson dont souffre un ancien salarié agricole. Dans un jugement rendu le 12 mai, et révélé par La Nouvelle République du 20 septembre, le TASS a admis l'existence d'un lien entre la maladie du plaignant et son exposition prolongée à des produits pesticides. C'est la première fois qu'un tribunal reconnaît cette pathologie, deuxième maladie neuro-dégénérative en France après la maladie d'Alzheimer, comme maladie professionnelle.

L'hypothèse d'une relation entre les pesticides et la maladie de Parkinson est explorée depuis le début des années 1980 par les scientifiques. Selon une trentaine d'études internationales sur des cas témoins, les personnes ayant été exposées aux pesticides ont entre 50 % à 90 % de risque supplémentaire de développer la pathologie. Les chercheurs restent cependant prudents. Selon le docteur Alexis Elbaz, neurologue et épidémiologiste, chargé de recherche à l'Inserm, "il y a une hypothèse qui semble solide mais pour l'instant on ne peut pas affirmer formellement l'existence d'une relation de causalité entre l'exposition professionnelle aux pesticides et la maladie de Parkinson. De nombreux mécanismes restent encore à élucider".

De fait, beaucoup d'incertitudes demeurent. Les études épidémiologiques peinent à évaluer l'ampleur de l'exposition aux pesticides (aucun produit n'a pu être incriminé en particulier) et on connaît mal leurs effets sur le long terme. La maladie de Parkinson est une pathologie complexe, dont on ignore les causes et qui est sans doute multifactorielle. En France, elle toucherait 100 000 personnes, 10 000 nouveaux cas étant dénombrés chaque année.

Cécile Prieur

Article paru dans l'édition du 23.09.06

Dernière mise à jour : ( 06-04-2007 )
 
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