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ASCO. Ipilimumab : enfin un espoir dans le mélanome Convertir en PDF Version imprimable
Par Philippe Brissaud   
06-06-2010

Ipilimumab Improves Survival in Advanced Melanoma; Immediate Patient Demand Anticipated

Une révolution dans le traitement du mélanome métastatique : les résultats d’une étude de phase III avec l’ipilimumab publiés dans le New England Journal of Medicine et présentés à l’ASCO ont démontrés une amélioration de la survie chez les répondeurs.
Le récepteur CTLA4 présent sur les lymphocytes T CD4+ a un rôle inhibiteur important aboutissant à leur inactivation.
On utilise actuellement du CTLA4-Ig (abatacept) dans le traitement des maladies autoimmunes comme la PR pour inhiber les lymphocytes T autoréactifs.
A l’inverse, plusieurs anticorps monoclonaux anti-CTLA-4 ont été développés avec comme objectif de permettre une activation des LT anti-tumoraux en bloquant le CTLA-4.
Deux anticorps sont actuellement testés dans différents cancers : l’ipilimumab et le tremelimumab.
L’incidence des mélanomes augmente sans cesse ces dernières années et la survie des mélanomes métastatiques n’est que de un an en moyenne. Aucun traitement n’est efficace et aucune étude de phase III n’a montré d’amélioration de la survie.
L’ipilimumab est un anticorps monoclonal entièrement humain qui bloque le CTLA-4.
Chez les patients HLA-A*0201 un vaccin dérivé de la protéine tumorale gp100 est utilisé dans plusieurs protocoles dans des mélanomes métastatiques.
Dans cette vaste étude de phase III, un traitement par gp1OO a été comparé à son association ou non à l’ipilimumab chez 676 patients atteints de mélanome métastatique en progression. L’ipilimumab a été administré à la dose de 3 mg/kg toutes les 3 semaines pour 4 cycles d’induction. Les répondeurs ont bénéficié de traitements de réinduction.
La médiane de survie était de 10 mois (95% confidence interval [CI], 8.5 to 11.5) chez les patients sous ipilimumab associé au gp100 et 10,1 mois sous ipilimumab seul, versus 6,4 mois pour le gp100 seul.
ImageUne réduction de 19% du risque de progression a été observée sous ipilimumab associé au gp100 par rapport au gp100 seul et de 36% pour l’ipilimumab seul par rapport au gp100.

La réponse au traitement par ipilimumab seul s’est maintenue au moins 2 ans chez 60% des répondeurs, cette réponse a continué de s’améliorer après la 24ème semaine.
Des effets secondaires sévères sont survenus chez 10 à 15% des patients sous ipilimumab et 3% sous gp100 seul.
L’effet secondaire le plus fréquent était la diarrhée ou une colite, traitée par corticoïdes ou anti TNF. D’autres effets secondaires étaient fréquents : réactions au site d’injection, vitiligo, proctocolite, atteinte endocrinienne autoimmune (hypophysite).
14 patients sont décédés (2,1%) en raison du traitement, dont 7 pour des manifestations autoimmunes.
L’utilisation de fortes doses de corticoïdes permet de supprimer ces réactions autoimmunes, sans altérer la réponse antitumorale.
Cette étude est la première à montrer une amélioration de la survie des patients atteints de mélanome métastatique avec l’ipilimumab seul. L’association avec le gp100 n’affecte pas les résultats.
Cette amélioration semble être prolongée chez les répondeurs.
Il reste à établir un schéma thérapeutique optimal, en association avec d’autres traitements.

http://www.asco.org/ASCOv2/Meetings/2010+ASCO+Annual+Meeting/2010+ASCO+Daily+News/Tuesday%2C+June+8/Session+Coverage/Ipilimumab+Improves+Survival+for+Patients+with+Metastatic+Melanoma

http://www.medscape.com/viewarticle/723052

American Society of Clinical Oncology (ASCO) 2010 Annual Meeting: Abstract 4, presented June 6, 2010; abstract 8509, presented June 5, 2010. Hodi FS, O'Day SJ, McDermott DF, Weber RW, Sosman JA, Haanen JB, Gonzalez R, Robert C, Schadendorf D, Hassel JC, Akerley W, van den Eertwegh AJ, Lutzky J, Lorigan P, Vaubel JM, Linette GP, Hogg D, Ottensmeier CH, Lebbé C, Peschel C, Quirt I, Clark JI, Wolchok JD, Weber JS, Tian J, Yellin MJ, Nichol GM, Hoos A, Urba WJ. Improved Survival with Ipilimumab in Patients with Metastatic Melanoma . N Engl J Med. 2010 Jun 5. [Epub ahead of print]

Dernière mise à jour : ( 30-06-2010 )
 
ASCO. Crizotinib : un nouveau traitement du cancer du poumon Convertir en PDF Version imprimable
Par Philippe Brissaud   
06-06-2010

New Tyrosine Kinase Inhibitor Exhibits Clinical Activity for Non-small Cell Lung Cancer with ALK Oncogene Fusions

ImageLe crizotinib est un inhibiteur des récepteurs tyrosine kinase dirigé spécifiquement contre ALK et c-MET/HGF.
ALK est un gène de fusion qui induit la croissance tumorale. Cet oncogène est retrouvé dans 3 à 5% des cancers du poumon non à petites cellules, principalement chez les sujets jeunes et non fumeurs Une équipe coréenne a rapporté les derniers résultats d’une étude de phase II chez 82 patients traités, avec une réponse objective moyenne de 57% (95% CI : 46-68%), d’autant plus importante que les patients n’avaient pas eu de traitements antérieurs.
Les effets secondaires principaux étaient une augmentation des transaminases, des nausées, des vomissements, diarrhée.
C’est la première fois qu’un produit donne un pourcentage de réponse aussi important.
Une mutation du gène de l’EGFR est retrouvée chez 10% des patients qui peuvent alors bénéficier de l’erlotinib (efficace dans 70% des cas). Le réarrangement du gène ALK est retrouvé dans 3 à 5% des cas et les patients peuvent alors bénéficier du crizotinib. On arrive ainsi à un traitement ciblé «à la carte » des cancers du poumon dans environ 15% des cas.
Une étude de phase III est en cours avec le crizotinib.

http://www.asco.org/ASCOv2/Meetings/2010+ASCO+Annual+Meeting/2010+ASCO+Daily+News/Tuesday%2C+June+8/Session+Coverage/New+Tyrosine+Kinase+Inhibitor+Exhibits+Clinical+Activity+for+Non-small+Cell+Lung+Cancer+with+ALK+Oncogene+Fusions

http://www.medscape.com/viewarticle/723075
American Society of Clinical Oncology (ASCO) 2010 Annual Meeting: Abstract 3. Presented June 6, 2010.

 
Prolia ® (denosumab) : autorisation de mise sur le marché par la FDA dans le traitement de l’ostéoporose post-ménopausique Convertir en PDF Version imprimable
Par Philippe Brissaud   
06-06-2010

FDA Approves New Injectable Osteoporosis Treatment for Postmenopausal Women
Prolia ® (denosumab) est un anticorps monoclonal anti RANKL administré en injection sous-cutanée une fois tous les 6 mois.
Il est indiqué dans le traitement de l’ostéoporose post-ménopausique à risque de fracture chez des femmes ayant eu des fractures ostéoporotiques, ou ayant plusieurs facteurs de risque de fracture, ou résistantes ou intolérantes aux autres thérapeutiques actuelles.
Les essais cliniques ont démontré que le denosumab réduit l’incidence des fractures vertébrales, non vertébrales et du col fémoral chez les femmes post-ménopausées.
Les effets secondaires les plus habituels sont des douleurs lombaires, des douleurs des extrémités, des douleurs musculo-squelettiques, une élévation du taux de cholestérol, des infections urinaires.
Les effets secondaires sérieux sont rares : hypocalcémie, infections sérieuses (notamment cutanées), réactions cutanées.
Comme le denosumab réduit le turnover osseux, il existe des risques de nécrose de la mâchoire, de fractures atypiques et de délai de consolidation d’une fracture.

Fast Facts on Osteoporosis – National Institute of Arthritis and Musculoskeletal and Skin Diseases

 
Biothérapies innovantes et maladies génétiques de l’oeil Convertir en PDF Version imprimable
Par Philippe Brissaud   
03-06-2010

Le Réseau Thérapie Génique Oculaire prépare le lancement des essais chez l’Homme
Demain, une trentaine d’experts des biothérapies innovantes et des maladies génétiques oculaires seront réunis à Généthon, le laboratoire financé grâce aux dons du Téléthon, pour dresser un premier bilan des travaux menés dans le cadre du Réseau Thérapie Génique Oculaire (R-TGO).
Lancé en 2009 par Généthon, ce réseau est co-piloté par José-Alain Sahel (Institut de la Vison, Paris), Fabienne Rolling (Nantes) et Laurence Tiennot-Herment (Généthon/Association Française contre les Myopathies). Son objectif : accélérer la mise en place, dans les cinq ans à venir, d’essais de thérapie génique pour les maladies génétiques oculaires.

Pour en savoir plus :
Lire le communiqué de presse (2 pages - 70 ko)
> Voir le reportage "Une thérapie génique pour rendre la vue" sur le site web AFM-Téléthon .
http://www.genethon.fr/index.php?id=87&tx_ttnews[tt_news]=383&tx_ttnews[backPid]=77&cHash=ab7d7cc09a

 
La lovastatine : une piste contre la peste Convertir en PDF Version imprimable
Par Philippe Brissaud   
03-06-2010

Une étude expérimentale révèle que la lovastatine, médicament prescrit comme traitement de l'hypercholestérolémie, protège les animaux des effets mortels de la peste. Cette maladie infectieuse est recrudescente dans certaines régions du monde. Obtenus par des scientifiques de l'Unité de recherche sur les maladies infectieuses et tropicales émergentes (CNRS / Université Aix-Marseille 2), ces résultats sont publiés dans la revue PLoS ONE.

Les statines constituent une classe de médicaments administrés chez l'homme pour baisser la cholestérolémie des personnes qui risquent une maladie cardiovasculaire du fait de leur hypercholestérolémie. Parmi les six molécules de statines existantes, la lovastatine a été la première mise sur le marché. Si des études ont déjà montré que ce médicament pouvait prévenir la mortalité et la morbidité associées aux infections sévères, aucun résultat n'était disponible jusqu'à présent concernant la bactérie responsable de la peste mortelle, appelée yersinia pestis.

Après avoir inoculé cette bactérie yersinia pestis à de petits rongeurs, l'équipe de Didier Raoult et Michel Drancourt de l'URMITE(1) (CNRS/Université Aix-Marseille 2) a montré que les animaux traités avec la lovastatine présentaient moins d'infections et des infections moins sévères. La lovastatine a donc une action préventive contre la mortalité due à la peste dans un modèle animal. Cette étude expérimentale a aussi mis en évidence que cette statine n'a pas d'effet antibiotique direct contre yersinia pestis mais qu'elle évite le développement d'une septicémie(2).

Ces résultats suggèrent que les personnes bénéficiant d'un traitement par statine à titre d'hypocholestérolémiant pourraient être protégées contre les effets mortels de la peste. Responsable de graves épidémies depuis deux millénaires, la peste est considérée comme une maladie réémergente dans le monde. Avec près de 50% des cas mondiaux à Madagascar, la peste est aujourd'hui présente en Afrique (République du Congo, Malawi et Tanzanie), en Asie (Vietnam), en Amérique et il existe quelques foyers très limités en Europe au bord de la Mer Caspienne.

(1) URMITE : Unité de recherche sur les maladies infectieuses et tropicales émergentes (CNRS / Université Aix-Marseille 2)
(2) Une septicémie est une infection due à la pullulation dans le sang de bactéries pathogènes.

Références :
Saravanan Ayyadurai, Hubert Lepidi, Claude Nappez, Didier Raoult, Michel Drancourt, « Lovastatin protects against experimental plague in Mice », PLoS ONE ; 2 juin 2010.

Contacts :
Chercheurs l Didier Raoult l T 04 91 32 43 75 l Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
l Michel Drancourt l T 04 91 32 43 75 l Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
Presse CNRS l Elsa Champion l T 01 44 96 43 90 l Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir
http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1905.htm

 
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